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Fenêtre ouverte sur le monde, cette silhouette, visiblement enceinte, me rappelle ma mère, lorsqu'elle portait ma soeur. Ma mère avait un chemisier semblable à manches trois-quarts qu'elle portait régulièrement. Je me rappelles m'être vaguement inquiètée parce que je ne distinguais plus son buste sous cette chemise... Elle me racontait tout le temps qu'il y avait un bébé dans son ventre. C'est après la venue de ma soeur qu'elle devint super efficace, régulière, disciplinée, scandant le temps avec des gestes imperturbables: faire le ménage, faire à manger, s'habiller, aller travailler, les couches, les siestes, le lavage, recevoir les amis, la famille... et se partager entre son mari et ses deux enfants. Sa réussite était de maintenir apparemment toutes ces balles dans les airs à la fois... et elle carburait aux éloges sur son adresse... Avec le temps, c'est devenu compulsif et un rituel rassurant... j'imagine. Ces souvenirs sont loin de ce sentiment d'anticipation et de compréhension lorsqu'on lit des nouvelles d'un ami cher à la lumière du jour. Cela n'a pas été un geste que je l'ai vu faire souvent. Pas de temps pour les amis.

Dans cet ère où les maisons étaient sombres, les rayons de soleil qui pénétraient apportaient un effet dramatique, relevant le moindre détail délicat - tout ce qui jouissait de lumière indirecte demeurait en demi-teinte. Je me rappelle avoir déjà été séduite devant le spectacle de poussières suspendues dans l'air, devenus visibles par une petite raie de lumière matinale qui passait dans le jour de la fenêtre dont le rideau était encore fermé. Glorieuse lumière.

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