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jeudi 4 décembre 2008

FAHZI, Zhang

Zhang Fazhi, né en 1976, à l'instar de la jeune génération d'artistes chinois, est inspiré par le mouvement Pop Art des années '80. Alors que la majorité s'intéresse à la décadence des valeurs de la vie urbaine, quelques uns s'intéressent comme Zhang aux questions politiques dans leur travail. De facture réaliste, il intègre le style socialiste-réaliste soviétique afin d'exprimer efficacement comment l'ascendance du communisme, en tant que religion politique, est responsable de l'absence d'histoires individuelles chez ses compatriotes. Il exprime comment la Chine se retrouve ainsi déshéritée de mémoire collective. Il explore le sens, la perception et l'explosion des différences individuelles dans la Chine actuelle avec l'influence du communisme en toile de fond. Ses toiles de grande dimensions où figurent des fraises pourrissantes, des condoms usés et des maquettes d'opéra, se vendent déjà à haut prix et le fait pressentir comme étant de l'avant-garde contemporaine chinoise. Il a exposé en Chine, en Europe (Espagne, Italie, Suisse...) et aux États-Unis.

Dans la toile ci-dessous, il utilise différents personnages, tous affublés de son autoportrait, portant les habits aux couleurs de l'armée révolutionnaire - rouge. Ce qui ressort est un sentiment difficile, malaisé, impuissant: d'abord parce qu'il a été difficile d'adhérer, d'incarner ce qui était attendu du Parti: que chacun soit un héros fort, fier, droit et redevable au bien social, en cela identique à son voisin, puis, aussi difficile de transgresser la tradition, de se 'libérer" du dogme, de devenir un individu unique dans un libéralisme croissant et un passé manquant. On voit ici un vide, une errance, une absence, une désorientation... Imagerie fort efficace. Et sur une note moins sérieuse, cette toile me rappelle un jeu de mes vacances d'enfant... où il fallait réussir à frapper la marmotte qui se pointait le nez d'un de ses trous sur un quadrilatère de neuf trous avec un gros bâton... un jeu mécanique, pas sur de vraies marmottes... mais un jeu d'habileté et de vitesse de l'oeil et de la réaction associée qui, plus tard, a trouvé sa version électronique...

DONG, Wei

Wei Dong est né en 1968 à Chifeng en Mongolie intérieure, Chine. Armé d'un bac en Beaux-Arts du Beijing Normal Institute (1991) et quelques résidences dans différentes locations américaines, il a exposé seul ou en groupe un peu partout dans le monde. Wei Dong est un satirique prolifique. Définitivement contemporain, mais formé dans les arts classiques, il projète bien la dualité que présente ses racines dans le communisme et l'aspiration à la démocracie, et questionne la transfiguration des valeurs que cela comporte. Alors qu'historiquement, tout était joué par les hommes... ses sujets sont principalement des femmes qui prennent d'assaut des initiatives, et jouent les désirs et les fantaisies les plus désavouées. Il démontre ainsi la tradition décadente supplantée par une génération d'esprits libres et désabusés qui se foutent de toute conséquence...

Marilyn Monroe émasculée. My Marilyn, Soft and Water. Sa séduction saisie sur pellicule est une promesse figée dans le temps. Il peint son icône de la femme avec peu de couleur laissant s'en dégager toute sa fragilité. Mais ainsi aussi, la promesse visiblement consommée maintes et maintes fois, comme elle, paraît usée. Sans tabou, Wei Dong aborde le plus grand tabou de tout: le flétrissement de l'homme, de son désir, de son idéal. Ses transgressions apparentes lui viennent probablement du fait que l'art et l'expression ont été des sports dangereux de son temps et que lorsque tout doit être caché, tout évolue ouvertement à demi-mot.